la mécanique du diableDans une petite ville d'Allemagne, à la nuit tombée, les hommes sont rassemblés pour passer une agréable soirée à la Taverne du Cheval Blanc. Pour leur plus grand plaisir, Fritz, un écrivain-conteur, s'apprête à dévoiler ses derniers écrits. Il y a là Herr Ringelmann, l'horloger et son apprenti Karl, arrivé au bout de son apprentissage. Il y a aussi la petite Gretl, fille de l'aubergiste, et tant d'autres...

Fritz est l'auteur de contes fantastiques et chacun se demande avec un mélange de curiosité et de frissons anticipés ce qu'il a bien pu inventé cette fois...

 

Justement son texte, en vérité inachevé, porte le titre troublant de L'Horloge, et évoque l'étrange histoire d'un couple princier qui se désespère d'avoir un enfant. Puis, le bonheur semble les frôler de son aile en leur accordant ce qu'ils souhaitent...sauf qu'à peine venu au monde, le petit garçon en question expire déjà...Fou de douleur, le père fait appel à un diabolique horloger, le docteur Kalmenius...

Fritz, qui n'a donc pas réussi à rédiger le fin de cette histoire, lit les derniers mots qu'il a écrits pour décrire ce terrible personnage :

« A quoi ressemblait-il, ce philosophe de la nuit ? Il était grand et maigre, avec une mâchoire et un nez proéminents. Ses yeux luisaient comme des charbons au fond de deux trous obscurs. Il avait de longs cheveux gris, et portait un manteau noir à ample capuchon à la façon des moines. Sa voix rauque et discordante, son regard inquisiteur, tous ces éléments lui donnaient un air féroce. Tel était l'homme qui...

Fritz s'était tu.

Ses yeux s'était tourné vers la porte. Tout le monde suivit son regard. La salle n'avait jamais été aussi silencieuse. Personne ne bougeait, chacun retenait son souffle...car le loquet s'était soulevé.

Sur le seuil, apparut un homme vêtu d'un long manteau noir à grand capuchon, comme celui d'un moine. Ses cheveux gris pendaient de chaque côté de son visage : un long visage étroit à la mâchoire et au nez proéminents, avec des yeux semblables à des charbons ardents au fond de deux trous obscurs. »

Voilà que les personnages et les événements « inventés » par Fritz (en fait, il les avait vus en rêve) s'invitent dans la réalité de cette petite ville d'Allemagne...C'est le début d'une nuit de cauchemar pour certains de ces habitants...

Ce petit ouvrage est un bonheur d'épouvante pour les jeunes lecteurs. Ma fille l'a dévoré et adoré : elle a eu peur, elle a été attristée par certains passages, mais l'a trouvé vraiment « super »...et rassurez-vous, ce conte finit très bien.

Je le conseille à tous les collégiens qui, comme elle, sont accrocs au fantastique. En plus, c'est bien écrit. Donc ne boudez pas votre plaisir !