le-confidentParmi les cartes de condoléances et autres mots de soutien qu'elle reçoit à la suite du décès de sa mère, Camille trouve une lettre, celle d'un certain Louis, qu'elle ne connaît absolument pas.

La missive débute ainsi : « Annie a toujours fait partie de ma vie, j'avais deux ans quand elle est née, deux ans moins quelques jours. Nous habitions le même village -N.- et je la croisais sans la chercher, l'école, les promenades, la messe. »

Camille lit ce courrier sans comprendre...

Extrait : « J'ai lu cette lettre du bout des yeux, j'ai dû revenir en arrière, relire des phrases entières. Depuis la mort de maman, je n'arrivais plus à me concentrer sur ce que je lisais, un manuscrit que j'aurais fini en une nuit me demandait maintenant plusieurs jours.

Ce devait être une erreur, je ne connaissais pas de Louis, ni d'Annie. Je retournai l'enveloppe, c'était pourtant mon nom et mon adresse. Certainement un homonyme. Le dénommé Louis se rendrait bien compte qu'il s'était trompé. Je ne me posai pas plus de questions et je terminai d'ouvrir les autres lettres, pour le coup, vraiment de condoléances. »

Mais les courriers de Louis continuent à arriver. Camille veut d'abord croire qu'il s'agit d'une manière originale de lui faire parvenir un manuscrit -un auteur qui cherche à se faire publier- puisqu'elle travaille pour une maison d'édition.

Seulement, dans le récit qui lui est conté, surgissent des éléments en rapport étroit avec son passé, avec son enfance...

La jeune femme n'a donc pas le choix. Elle se met en quête, en quête d'un terrible secret, qui lia quatre personnes trois décennies plus tôt. Alors que la Seconde Guerre Mondiale s'annonce, puis éclate, détruisant d'innombrables vies, une drame intime se noue. Jusqu'où peut aller le désir d'enfant ? Jusqu'à la folie ? Jusqu'au meurtre ?

Hélène Grémillon ne s'en cache pas -elle l'a dit lors d'une rencontre consacrée à ses ouvrages-, elle n'est pas un grand auteur, à l'instar d'un Proust, d'une Colette ou d'autres. Non, elle n'a pas cette prétention et pense sincèrement que de tels auteurs appartiennent au passé et ne risquent pas de trouver concurrence aujourd'hui. Elle, elle écrit des romans pour distraire, dont on tourne rapidement les pages pour découvrir le fin mot de l'histoire. C'est vrai et cela fonctionne bien.

Distillant un peu de suspens, s'appuyant sur des événements historiques, mais sans que ce soit la matière principale de son propos (il s'agit plutôt d'un décor pour la pièce qui se joue). Elle s'attache essentiellement à ses personnages, aux affres de leur existence, aux épreuves auxquelles ils se trouvent confrontés, au jeu de l'amour et de la haine, aux êtres en perdition et à leur éventuelle rédemption...

L'écriture est fluide, le récit effectivement facile à suivre, bien construit. Il oscille entre les différents témoignages : les lettres de Louis, les pensées de Camille et la confession de Madame M. -l'une des protagonistes du quatuor évoqué ci-dessus-. Sans que ce soit un roman passionnant, le lecteur peut, toutefois, accompagner Camille dans sa recherche de la vérité avec un intérêt certain.