le vieux qui ne voulait pasLu dans le cadre d'un comité de lecture sur le thème de : « Solidarité et philanthropie, mythe ou réalité ? ».

Parce qu'un vieux monsieur rechigne à fêter ses cent ans avec ses « congénères » de la maison de retraite et s'enfuit par la fenêtre (dur ! dur ! à cet âge avec les genoux douloureux, d'escalader le rebord de ladite fenêtre...), vont s'enchaîner toute une série de rencontres et de faits incroyables !

D'abord parce que ce vieux monsieur, Allan de son prénom, parti en pantoufle (eh, oui ! c'est tout de même bien confortable les pantoufles), ne sachant pas vraiment où il va se réfugier, se rend tout droit dans une gare routière. Et là, il ne trouve rien de mieux à faire que de délester un jeune voyou de sa valise. Mais attention, sans réelle malhonnêteté, sans intention de nuire...Quelle idée aussi de faire confiance à un noble vieillard (justement à cause de son âge et de sa mine ?) et de lui confier pareil « colis » le temps d'aller satisfaire certains besoins naturels aux toilettes... Sauf que le « colis » en question, contient 50 millions de couronnes issus d'un trafic de drogue ! Ce qu'Allan ignore, il faut l'admettre...

Il s'embarque donc à bord d'un bus pour une destination choisie au hasard (en fait, dans la limite d'un billet payé avec les 50 couronnes dont il dispose, sans savoir quelle fortune il trimbale avec lui...).

C'est le début d'un périple qui va lui permettre de rencontrer Julius, voleur compulsif, plus tout jeune non plus, Benny, vendeur de saucisses presque diplômé en médecine, études vétérinaires, droit (et j'en passe), Gunilla, jeune femme vite affublée du surnom de « Mabelle » et mère adoptive de l'éléphante Sonja, ainsi que les membres éminents du gang des « Never again », l'inspecteur de police Göran Aronsson, flegmatique et trop solitaire...

Sans compter tous ceux qu'Allan a côtoyés durant sa longue existence et non des moindres, comme Roosvelt, Staline, Mao Tsé-Tung, et d'autres...Aidant l'Ouest et l'Est à se procurer la bombe atomique (il faut dire que c'est un spécialiste des explosifs sous toutes leurs formes), traversant l’Himalaya à pied, vivant des aventures fabuleuses... Je n'en dévoilerai pas plus.

Cette lecture a quelque chose de jubilatoire ! Ce récit plein de fantaisie, de légèreté, d'un humour noir réjouissant, apporte du baume au cœur ! Sincèrement, une fois ce livre refermé, il y a comme de l'optimisme dans l'air et rien d'étonnant, si l'on se retrouve à sourire béatement...Cela fait tout simplement du bien !

Mais ce roman n'est pas que cela : l'auteur nous fait traverser le XXème siècle et nous conte tous les grands et sinistres événements qui l'ont secoué. Sans concession pour l'être humain et sa capacité de destruction, sa folie...

Allan Karlsson n'est pas un héros bienfaisant, plein de morale, loin de là. Non, ce n'est qu'un être humain qui avance dans la vie le plus souvent en évitant les états d'âme et avec une philosophie bien à lui (mais que l'on peut lui envier), car pour lui « les choses sont ce qu'elles sont, et seront ce qu'elles seront ». En fait, à quoi bon de débattre, il faut prendre les choses comme elles viennent...

Bien sûr, la plupart des faits racontés ici sont invraisemblables, mais c'est sans importance. L'auteur réussit, en effet, le tour de force d'emporter l'adhésion du lecteur dès les premières pages. Pour ceux qui ne se laisseraient pas « berner », inutile d'aller plus loin...

En outre et surtout, les personnages de Jonas Jonasson sont profondément attachants. A tel point, que l'on pourrait souhaiter faire partie de leur improbable et hautement sympathique, petite bande !

Franchement, pourquoi bouder son plaisir : jetez-vous sur ce livre, si ce n'est pas déjà fait !! C'est du bonheur !