la maison de soieC'est un docteur Watson d'un âge déjà avancé, qui a décidé de coucher sur le papier le récit d'une des enquêtes les plus sulfureuses, menées par le très célèbre Sherlock Holmes. Ce récit, choquant et surtout compromettant pour certains membres de la haute société de l'époque, Watson a également eu l'initiative de l'enfermer bien à l'abri dans un coffre pour une centaine d'années. En effet, il a estimé qu'il faudrait au moins ce laps de temps, pour qu'une telle histoire soit révélée au grand public.

Voici résumé le subterfuge dont s'est servi Anthony Horowitz pour nous conter une aventure « inédite » de l'incroyable détective.

Londres 1890 ;

Un antiquaire vient demander son aide à Sherlock Holmes : il craint pour sa vie. En effet, il semblerait qu'il soit poursuivi par un malfaiteur qui souhaiterait se venger, son jumeau ayant été abattu, notamment suite à l'intervention de ce gentleman.

Sherlock Holmes, peu intéressé par le sujet, ne mène pas une enquête très poussée. Un vol (et non pas un meurtre) est, néanmoins, commis au logis de l'antiquaire.

Le détective sollicite alors la petite bande déguenillée d'enfants des rues qui forment « la division Baker Street de la police d'investigation » ou les « Irréguliers ». Leur mission étant de retrouver la trace du fameux malfaiteur qui semble être l'auteur du vol.

Mais les événements vont se précipiter : le cadavre dudit malfaiteur gît dans la chambre d'une très modeste et insalubre pension et un des membres de « la division Baker Street de la police d'investigation » disparaît...

Holmes et son inséparable docteur Watson se trouvent rapidement au cœur d'une intrigue qui dépasse largement ce qu'ils avaient pu imaginer ; une intrigue qui va les amener à dévoiler tous les secrets les plus sordides de « la maison de soie » et à approcher de très près les arcanes du pouvoir...

Parmi mes lectures actuelles figurent les écrits de Conan Doyle mettant en scène son héros mythique (les deux volumes, en fait, publiés dans la collection Bouquins, chez Robert Laffont). J'ai ainsi parcouru plusieurs de ses récits, comme Une étude en rouge, Le signe des quatre, Un scandale en Bohême, La ligue des rouquins, Une affaire d'identité, Le mystère du Val Boscombe, Les cinq pépins d'orange, etc.

C'est dire si j'étais curieusement de lire cet ouvrage et de voir si l'esprit des originaux avait été respecté. Et de fait, sans être une spécialiste de l’œuvre de Conan Doyle, loin s'en faut, je trouve que Anthony Horowitz a su restituer avec justesse l'atmosphère des romans de son illustre prédécesseur. C'est avec grand plaisir que le lecteur peut se laisser prendre au jeu. C'est aussi un vibrant hommage non seulement à leur créateur, mais également aux personnages eux-mêmes, en particulier aux seconds couteaux parfois peut-être un peu « négligés » par lui. Anthony Horowitz, cela transparaît dans ce roman, a un véritable amour pour l'univers créé par Conan Doyle. Il ne considère pas pour autant Sherlock Holmes comme étant sans faille et au-dessus de sa condition d'être humain. Au contraire, il sait le rendre un peu plus vulnérable et sujet au doute, tout en donnant un peu plus d'épaisseur à des personnages subalternes.

Une bonne surprise que je recommande vivement !