9782330002701Il s’agit là du troisième opus de la série, après Dans la main du diable et L’enfant des ténèbres.

L’action se situe en 1963. La guerre semble loin, une inconnue même, pour la jeune génération dont fait partie Christine, la fille de Camille.

Toutefois, en fouillant dans les vieux cartons ou au fond des mémoires, certaines choses, hideuses pour la plupart, bêtes endormies, mais n’ayant rien perdues de leur caractère nocif, malfaisant, peuvent bien remonter à la surface et, peut-être, faire émerger des vérités très peu avouables. Amener au meurtre…

Ce troisième volume, tout comme ceux qui l’ont précédé, fonctionne sur la base des destins croisés de divers personnages qui n’ont aucune ou peu de connaissance les uns des autres…Mais tout et tous finissent par se mêler pour donner consistance à l’histoire racontée. On s’entraide, on tente d’apporter des réponses, on s’aime malgré les aléas ou au contraire on cherche à se détruire, à s’annihiler pour assouvir peut-être une vengeance…Les fantômes surgissent aussi parfois pour réclamer leur dû…

Les uns veulent découvrir ce que cache le passé, et se construire un avenir plus serein. Les autres veulent écraser sous leur talon le mal, ou tout au moins certains de ses représentants, et disparaître eux-mêmes, comme pour marquer qu’ils n’ont jamais vraiment existé, qu’ils n’ont jamais appartenu qu’à un temps honni (la seconde guerre mondiale) et qu’ils doivent être oubliés, loin du regard des vivants…

Ce récit est emprunt de sourde violence et d’une terrible mélancolie…Le soleil brille-t-il vraiment au-dessus de tous ces personnages plus ou moins tourmentés ?

C’est sombre, mais bien écrit. Seules les descriptions qui me semblaient si réussies dans les tomes précédents, m’ont paru parfois dans le présent ouvrage, trop longues, trop fourmillantes de détails…et le grand écart, à la toute fin du récit, entre les années 60 et notre époque a un côté, malgré le talent de l’auteur, un peu facile, un peu rapide, comme pour pouvoir mettre un point final et passer à d’autres histoires…

A lire bien sûr pour toute la sensibilité de l’écriture d’Anne-Marie Garat et pour connaître la fin de cette fresque qui se déroule sur presque un siècle de notre Histoire.